Artisan dans le chaos : quand Dieu bâtit la paix en moi

Dieu m’appelle « artisan de paix ». Pourtant, je suis quelqu’un de naturellement stressée, anxieuse, souvent débordée par mes émotions. Comment un tel appel peut-il résonner en moi ? C’est ce que j’explore dans mon article, mais je voulais partager ici une réflexion plus personnelle : pourquoi Dieu choisit-il une personne comme moi, imparfaite, en pleine apprentissage de la paix ?

Grace Racham

7/6/20263 min read

Dieu m’appelle « artisan de paix ». Pourtant, je suis quelqu’un de naturellement stressée, anxieuse, souvent débordée par mes émotions. Comment un tel appel peut-il résonner en moi ? C’est ce que j’explore dans mon article, mais je voulais partager ici une réflexion plus personnelle : pourquoi Dieu choisit-il une personne comme moi, imparfaite, en pleine apprentissage de la paix ?

L’histoire biblique est pleine de ces paradoxes. Moïse était bègue, et pourtant Dieu l’a choisi pour parler à Pharaon. Gédéon se voyait comme le plus petit de sa tribu, et Dieu l’a surnommé « vaillant guerrier ». Jérémie est appelé prophète alors qu'il n'était qu'un enfant et ne savait pas parler. Elie, un grand prophète était dépressif alors qu'il a défié une centaine de prophètes baal. Alors, si Dieu agit ainsi, je peux accepter cet appel. Je veux l’honorer, non pas parce que je suis parfaite, mais parce qu’Il me façonne.

Entre 2021 et 2024, j’ai vécu une croissance spirituelle intense. J’ai appris à connaître Dieu d’une manière nouvelle, j’ai goûté à Sa présence comme jamais auparavant. Puis 2025 est arrivé, et tout s’est écroulé. Cette année a été un chaos, une traversée du désert, une nuit profonde où j’ai perdu de vue Celui qui m’appelait. Comme le fils prodigue, je me suis éloignée, égarée. Mais après la chute vient le relèvement. J’ai traversé des mois de repentance, un retour vers mon premier amour, vers ma maison. Et là, comme dans la parabole, le Père m’attendait. Mon mari, ma famille, mes amis aussi.

J’ai alors reconstruit pierre par pierre ce qui avait été brisé. La paix s’est présentée à ma porte, mais il ne suffisait pas de l’accueillir ; il fallait la reconstruire activement. C’est là que j’ai pleinement compris ce que signifie « artisan de paix » : cette paix, Dieu la construit d’abord en moi, avant que je puisse la répandre autour de moi. Commence alors un apprentissage nouveau, celui de bâtir la paix dans les petits gestes du quotidien comme dans les tempêtes imprévues.

Chaque matin, je réclame à mon Père Sa paix. Je la demande, je la reçois, et elle se construit jour après jour, dans l’ordinaire de ma vie.

Je construis cette paix quand je sursaute au volant, quand je dois prendre la parole devant quelques personnes ou devant une foule. Je la construis quand mes émotions débordent et que les larmes montent facilement. Je la construis quand la peur m’envahit : peur de décevoir, peur de mal faire, peur d’être jugée, peur de blesser encore, peur de retomber, peur des souvenirs… À chaque fois, j’apprends à poser la paix au milieu de cette fragilité.

Aujourd’hui, je sais que la paix est là, en chantier, mais sur des fondations solides. Mon cœur aspire à être pleinement remplie du Shalom de Dieu, à devenir une femme apaisée qui transmet la paix. Je suis encore en chemin, encore en apprentissage. Mais la base est posée : c’est Dieu Lui-même, Celui qui m’appelle à être artisan de paix, qui m’équipe chaque jour.

Et je vis Sa paix dans les instants simples : dans Sa présence, quand je regarde mes enfants, quand je bois un café avec mon mari à la terrasse de notre maison, quand j’écoute les oiseaux, quand notre chat a donné naissance à ses chatons, quand je plonge dans un livre, quand la pluie tambourine sur le toit, quand des enfants sourient… La liste est longue, infinie.

La paix est là. Elle se construit, jour après jour, avec Lui.