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Notre Shabbat

Quand les enfants étaient petits, le dîner était bien plus qu’un repas : c’était un refuge. Autour de la table, chacun racontait sa journée d’école, les rires comme les chagrins. On écoutait, on accueillait leurs mots, leurs fous rires et leurs petits tourments, sans rien précipiter. Parfois c'était le bazar, les cris, les pleurs, la vie normale avec des enfants quoi.

Quand les enfants ont grandi, j’ai posé une seule règle : qu’ils puissent se retrouver autour d’un même repas au moins une fois par semaine. Le vendredi soir s’est imposé comme notre jour, notre Shabbat. Non pas un dîner ordinaire, mais un temps suspendu, fait de gratitude et de reconnaissance pour ce que Dieu avait semé dans nos vies.

J'aimais alors dresser une belle table, préparer un menu plus soigné, comme une offrande. Mais parfois, elle se faisait plus humble, ordinaire, et c'était peut-être encore plus beau. L'essentiel était là : nous, réunis. Et dans cette douceur, nous prenions la sainte cène, simplement.